Fig. 7

Celle-ci, elle est pour vous les grenouilles! Mon clavier QWERTY s’excuse d’avance. C’est aussi le premier post écrit en français et non pas traduit de l’anglais, yay. Et aussi eek, parce qu’il va falloir que j’assure. Tiens, ça c’est gratuit pour ta bible d’onomatopée. Allez, j’y vais.

Boris Cyrulnik est un neurologue, psychologue et éthologue français, bim. Et au-delà de tout ça, Cyrulnik est un humaniste et/donc tout plein de bienveillance. Il a la blagounette et le sourire facile, plus facile que mon autre ami imaginaire. On apprendra ensuite que lui aussi est un survivant de l’Holocauste, s’échappant de justesse en se cachant dans les toilettes et en prenant par la suite le nom de Jean Laborde, ainsi que l’identité d’un “simple garçon fermier”. Ses parents n’ont malheureusement pas eu l’occasion de le revoir.

Aujourd’hui, Cyrulnik est reconnu pour avoir vulgariser la notion de résilience. Et qu’est-ce donc que la résilience? En d’autres termes: comment reprendre un développement de soi après une agonie (certains l’appelle même “mort”) psychique. En français: un traumatisme.

La notion de traumatisme psychologique n’est apparue qu’au XIXe siècle. Et figures-toi que le point de départ de la conception (non-Freudienne) du traumatisme, et bien c’est la guerre du Vietnam.

En 1975, les vétérans, rentrés, traumatisés, sont considérés comme “lâches” si ceux-ci montrent une pointe d’émotion: ils sont giflés, emprisonnés, guetto-ifiés, j’en passe et des meilleures. Le taux de suicides est alarmant. Le mouvement féministe US de l’époque, en particulier Joan Baez a mis un point d’honneur à mettre ce point en lumière justement. De l’autre côté, en Angleterre, John Bowlby, “maître absolu” de Cyrulnik, fait des remous depuis déjà le début des années 50, post-WWII, avec ses écrits sur le lien entre attachement et résilience émotionnelle. Mais on y reviendra.

Parce qu’une fois que la notion de trauma psy était entrée dans le jargon (vocab en anglais), on n’était toujours pas sorti.e.s de l’auberge. Le trauma était, à la base, considéré comme une fin en soi, dont on ne se remet jamais. Jusqu’à l’apparition de cette notion de résilience, cette capacité de rebond, sorte de réorganisation psychique (ou “rebirth” a.k.a. renaissance).

Cyrulnik le dit: “On n’est [on ne naît] pas totalement soumis aux évènements qui nous fracassent, on a un degré de liberté […] on peut chercher à comprendre, c’est ce qui va nous permettre de reprendre un autre développement”.Ça, ça vient d’une conférence sur La Biologie de l’Attachement à L’Université Lyon I en 2014, vas-y clique, c’est vraiment bien. Il s’agit donc d’agir sur le milieu qui agit sur nous. En faire un cercle vertueux plutôt qu’un cercle vicieux.

Donc on revient à ce qu’on disait la semaine dernière, et de l’erreur de séparer l’environnement de l’individu. “Papa Freud”, comme le surnomme Cyrulnik, était avant tout neurologue. Il rappelle d’ailleurs ce fait fréquemment, comme pour se détacher de certaines de ses thèses psy… peu concluantes. On lancera le débat un autre jour 😉

Bref, Freud énonce qu’on ne peut séparer le corps de l’âme. L’âme au sens laïque du terme, bien sûr. Body & Soul. Mais ça, on en avait un petite idée déjà. Il ajoute “[…] c’est la structure de l’environnement qui modifie la manière dont notre cerveau et notre corps fonctionnent”. Les neurosciences le confirment aujourd’hui. Donc il n’a pas dit que des conneries.

Et tout ça nous amène, doucement mais sûrement, au concept des fameux tuteurs de développement et, si trauma il y a, des tuteurs de résilience. Les tuteurs de développements sont évidemment la mère, le père, les “étoiles” qui orbitent autours tel que les frères et soeurs et le reste de la famille, les amis, les voisins, le quartier, la culture: l’environnement. Moi, j’aime bien appeler ça le terreau, mais ça n’engage que moi. Parce que oui, ce n’est pas toujours la faute de la mère. Ou du père. Une chose que j’admire autant chez Maté que chez Cyrulnik c’est qu’ ils s’accordent sur le fait de ne blâmer ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas le parent lui-même qui est la cause de ces altérations chez l’enfant (20 000 synapses créées par minutes dans les premières années!), c’est son “malheur”. C’est à dire son environnement, sa culture, son expérience, son vécu, son ressenti.

Bref, papa, maman, we’re cool.

Heureusement, nous ne sommes pas qu’une “petite graine”, il y a aussi le terreau! Et en cas de trauma, si ce terreau le permet, les tuteurs de résilience s’installent. Certes, on surinvestit ces autres figures significatives: les amis, les hobbys, les premiers amours… l’adolescence en gros. On apprendra a doser en chemin.

Et voilà, la métamorphose de cocon à papillon. De Vilains Petits Canards en cygne. Et tout ces tuteurs permettent de reprendre un épanouissement personnel. La résilience, ladies and gentlemen! On en a tous fait preuve d’une manière ou d’une autre, qu’importe le degré, et ça c’est bien joué.

Le plus important à intégrer, selon moi, c’est cette notion d’espoir. A savoir, “agir sur le milieu qui agit sur nous.” Nous sommes libre de créer ce cercle vertueux et ça, ça donne envie de jouer, non?

La semaine prochaine, on parlera d’AIR. Les Assises Internationales du Roman qui ont fermés leur portes aux Subsistances ce dimanche. Des conférences, rencontres et Q&A gratuites ou abordables (5 euros, tout comme nous!) avec des auteur.e.s dans l’idée de célébrer la langue française le temps d’un week-end.

En attendant, respirons a pleins poumons et regardez vers le ciel, le bleu n’est jamais très loin. Sur le délire, il aime bien se faire une partie ou deux de cache-cache, mais il est quand même là.

Tu viens faire un cour de yoga avec moi?

 

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